Les vagues emportent tout sur leur passage

20 01 2011

 vagues.jpgAlors voilà. Le diagnostic est posé. Dur. Glacial. Ahurissant. Et avec lui les premières questions : pourquoi ? pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai mangé ou bu qui fallait pas ? Bon, bu je sais. Pas que je sois alcoolique mais quand même, dans ma famille, dans ma culture, le pinard çà devrait être o-li-ga-toi-re! Bon, mais c’est pas çà. Pas d’hérédité. La pollution peut-être ? Ben oui mais et les autres alors,  pourquoi tous les parisiennes n’ont pas un cancer du sein ?? Maladie multi factorielles a dit le docteur oncologue. Ah oui parce que j’ai appris aussi qu’on dit plus cancérologue mais oncologue! Une hypocrisie de plus : on change rien à la maladie mais on l’appelle différemment. On ne prononce pas le mot. Arrrhh çà fait peur.Mon homme et moi, et les enfants avec, on passe le weekend suivant dans l’ouragan. La mer toute entière nous a recouvert. On est monté sur le toit d’une maison pour pas qu’elle nous emporte. Et on fait face. On se relève peu à peu. Pas le choix de toutes façons. Rendez-vous est pris avec le Dr H. à l’hôpital Saint Louis. Une fille adorable qui parait avoir 20 ans. Elle m’annonce : tumoréctomie puis très probablement chimiothérapie et radiothérapie. Mais bonne nouvelle … si, si : on fait une conservation. Elle est contente de m’annoncer çà. Moi je fronce les sourcils. Conservation, boîte de conserve, petits pois… c’est quoi encore ce délire? “Et bien la conservation, Madame, çà veut dire qu’on vous laisse le sein”. Ah ouais? çà c’est bien çà… En fait, à ce moment là,  je m’en fous. Le sein, les cheveux qui tombent, les nausées et tout le reste, je m’en fous pourvu qu’on me sauve. Ben oui parce que c’est bien çà que j’ai tout au fond de moi : la trouille. J’ai l’impression de maîtriser mes sensations, mes pensées, mes questionnements, la maladie. Et je maîtrise rien du tout, en vrai. Je m’effondre dans son cabinet.  On ressort de là tout secoué avec mon Homme et mon frère chéri, qui a tenu à être là. Çà me touche. Beaucoup. Énormément. Depuis que maman est partie, avec les p’tits anges, il est ma souche, mes racines, mon pilier. Celui qui me raccorde aux valeurs formidables de notre éducation. Car c’est bien elle qui me permet aujourd’hui de tenir bon. D’ailleurs pour prouver qu’on est raccord avec nos ancêtres, on se tape un super gueuleton dans un resto du sud ouest à côté de l’hôpital avec une bonne bouteille de pinard!

vignes.jpg

La date de l’opération est fixée au 21 décembre. Je risque de passer Noël à l’hôpital. Tant pis, dans la vie y a des urgences. Une scintigraphie des ganglions sentinelles est prévue la veille. Çà aussi c’est un grand moment!!


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