Retour chez Saint Louis

28 02 2011

En ce tout début d’année 2011, j’ai un examen important à faire : la scintigraphie osseuse. Comme tout le reste ou presque dans cette aventure, c’est nouveau pour moi. Le docteur H. m’a dit “c’est une photo de votre squelette, pour nous permettre de voir si la maladie n’est pas partie ailleurs”… !!?? Comment çà “pas partie ailleurs ? sans mon avis ? Et pourquoi ce serait plus sympa ailleurs que dans mon sein gauche ? Hein ?”. Bon alors… l’examen. Encore un drôle de truc. Je devais faire cet examen avant mon opération et déjà, j’avais angoissé grave! Maintenant que je suis à la veille dudit examen, je flippe ma race comme dirait l’autre. Comme les enfants, je me dis, imagine. Imagine, c’est parti dans tout le corps. Imagine, y a des métastases partout, partout… C’est extrêmement anxyogène, comme truc. Donc rdv est pris en fin de matinée. Cette fois, je vais seule à l’hôpital Saint Louis. Je libère mon Homme qui a aussi un travail et qui en plus a pris du galon. Commandant de police, je vous prie. Rien que çà! Je suis pas peu fière.

Bon, Saint Louis, je commence à connaître maintenant : le parking, les meilleurs places pour être prêt de la sortie “ascenseurs”, l’arrivée dans le hall d’accueil, etc… Là, je dois me diriger vers le service de médecine nucléaire. Si, si c’est la vraie appellation. Là encore, pas flippant du tout le nom. Le principe du truc, c’est un peu comme le ganglion sentinelle sauf que l’injection du produit radioactif (top moumoute encore le nom!) a lieu dans une veine du bras, comme une prise de sang; Sauf qu’on ne te prends pas du sang, on t’injecte un liquide… Mouais, pas tranquille, tranquille, la fille! Bon, le jeune homme qui fait la manip’ me demande si je ne suis pas enceinte. “Heu, non, et puis manquerait plus que çà!”. 3 enfants, çà suffit. On  l’a déjà dit 50 fois avec mon Homme, on est COMPLET! Puis il ajoute “Vous ne devez pas être en contact avec des enfants en bas âge ou des femmes enceintes pendant 24 heures. Vous êtes radioactive”!!! Alors là, c’est la meilleure de toutes. Voilà que vont me pousser des antennes sur la tête ou que je vais virer au vert martien ?? Trêve de plaisanterie. Cà ne me fait pas rire du tout. Ma boss est enceinte. Je ne pourrai pas retourner au bureau avant demain après-midi. Bon, faut que je l’appelle. L’injection terminée, je dois revenir dans 2 heures 30, pour laisser le temps à ce con de produit de bien se diffuser dans tout mon corps : arrggl! J’ai donc 2 heures 30 à tuer. Je ne me sens pas d’aller me balader. Il fait très froid dehors. Et un sentiment nouveau apparaît : je me sens en sécurité chez Saint Louis. Le saint patron des coiffeurs et des perruquiers… Y aurait-il un rapport avec l’un des effets secondaires les plus traumatisants du traitement qui suivra, quelques semaines plus tard ?

Je trouve donc une place stratégique dans le hall d’accueil pour éviter les voisins bruyants, les courants d’air, les passages de piétons. Je compose le numéro de téléphone de ma boss pour l’informer de ma radioactivité. Nous tombons d’accord. Je ne réapparaîtrai pas au bureau avant jeudi. Je retourne donc dans le service après avoir lu plusieurs chapitres de Millénium (j’en suis au tome 2 maintenant) pour passer l’examen. Là, pas ou très peu d’attente. Je me retrouve dans une grande salle de radiologie, glaciale, sans âme, seule derrière une cloison vitrée avec un énorme tube au milieu. Une jeune femme apparaît : “Déshabillez-vous entièrement. Si vous avez froid (fait -12°!!), mettez la blouse bleu (en papier, je vais avoir bien chaud!!) et la charlotte (sur la tête). Allongez-vous sur la table. Le bloc va descendre lentement, s’arrêter à quelques centimètres de votre visage et balayer tout votre corps de la tête jusqu’aux orteils. N’ayez pas peur. Je vous préviens car celà peu être angoissant. Vous pouvez garder les yeux ouverts ou les fermer à votre convenance.” Pffff, même pas peur”, je me dis. OK, captain, suis super détendue, du moins j’en ai l’air. La jeune fille disparaît me laissant seule avec le bloc qui commence à descendre très très lentement. Et effectivement le bloc, un carré en acier (donc super lourd) qui mesure pas loin de 1 mètre de côté, se rapproche de plus en plus de mon nez. Le cerveau commence à mouliner. Et si ce gros machin ne s’arrête pas ? Et si y a un grain de sable dans le mécanisme ? Et si, et si… Et ben, si tout çà, la grosse, l’énorme plaque d’acier va s’écraser sur mon nez et me broyer le visage en quelques secondes… Battements cardiaques qui s’accélèrent. Je ferme les yeux que j’avais gardés ouverts jusqu’à présent, mais là c’est trop flippant. J’ai immédiatement envie de les ré-ouvrir. Et merde! Cà saoule ce truc à la fin. Cà s’arrête quand ? La descente me paraît interminable. Je ré-ouvre les yeux et là, je vois la plaque tellement près de mon nez que je sens l’odeur et la froideur de l’acier. L’angoisse, voire la peur, est à son paroxysme. Ouf! Enfin ce truc s’arrête, se bloque et commence à avancer toujours très, très doucement vers le bas de mon visage, de mon cou, puis de mon torse, enfin  bref, parcoure mes 160 cms dans un temps qui me semble des heures. L’examen terminé, je peux me rhabiller. “Aurevoir Madame. Les résultats seront communiqués au médecin prescripteur.” Super! Faut encore attendre. J’ai pas fini de m’angoisser, moi! Je retourne au bureau jeudi. Prochain rendez-vous avec Saint Louis, mercredi 12 janvier avec le docteur H. qui avec l’annonce du traitement, m’annoncera les résultats de la scintigraphie osseuse. Affaire à suivre…

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