Un rendez-vous tant attendu

6 03 2011

Quand le 12 janvier arrive enfin, je réalise que j’attends ce rendez-vous avec beaucoup d’impatience. Certes on m’a ôté la p’tite boule mais je sais que le traitement ne s’arrêtera pas là et que je n’ai qu’une chance infime d’échapper à la chimiothérapie. Mais cette chance existe. Même si elle est toute petite. Je me suis inconsciemment accrochée à cette lueur d’espoir sans m’en rendre vraiment compte. Je ne sais rien ou pas grand-chose de la chimiothérapie sauf que çà fatigue et que çà fait tomber les cheveux ; et comme tout ce qui est inconnu, çà angoisse ! Rendez-vous important donc puisque bilan de l’opération et surtout suite des événements. Mon Homme est bien sûr à mes côtés, proche et solide comme un roc, du moins en a-t-il l’air… Nous attendons sagement notre tour, dans ce petit couloir de l’hôpital aménagé en salle d’attente. D’autres femmes sont là, à peu près du même âge mais souvent plus âgées. Seules ou accompagnées. Souvent seules. J’ai de la chance, moi. J’ai une épaule pour m’appuyer, me soutenir, ou m’effondrer même. C’est à nous. Le docteur H. commence l’entretien. Elle nous rassure tout de suite sur les résultats de la scintigraphie osseuse. Tout est normal. Ouf ! Ouf de ouf, de ouf. Je suis profondément rassurée moi. Je réalise après coup que j’ai vraiment eu très très peur. Elle nous dit aussi que l’opération s’est bien passée et que la technique du ganglion sentinelle a été positive. Aucun ganglion n’est touché ; Re ouf ! et re ouf, re ouf, de re ouf…. Suis très contente, moi, presque heureuse ! Je sens mon Homme très soulagé aussi, un petit sourire se dessine sur ses lèvres. Bon, avec les bonnes nouvelles arrive la mauvaise : chimiothérapie. Eviter la récidive. Jeune. Obligé. Puis radiothérapie, après. Puis curiethérapie, après. Là, j’ai décroché. Ou plutôt, je me suis arrêtée sur la chimio. Comme figée. Le reste on verra après. Je note quand même que çà a l’air d’être la totale. Forfait All inclusive. Elle nous explique rapido le protocole. Le nom des médicaments. Premier protocole de 4 cures (oui, oui on dit cure, ça me fait penser à de la thalassothérapie, en fait, c’est pas tout à fait pareil !) et puis un autre après, pour les 4 dernières cures. Par injection avec pose d’un cathéter permanent pour éviter la destruction du système veineux. Parce que je ne peux pas prendre des médicaments par voie orale. Ma tumeur n’y est pas réceptrice. Toutes façons j’ai jamais eu de bol ! C’est comme aux distributeurs de billets ou aux caisses de supermarché, ou au péage, je choisis toujours la mauvaise file… Bon, voilà. Auscultation, palpation, tension. Nous devons voire Nadja, l’infirmière coordinatrice qui va tout nous expliquer pour la chimiothérapie. Faut compter 1 heure de rendez-vous. Oui, 1 heure. Je ne comprends pas que ce soit si long. Mais, bizarrement, ça me rassure ; ils prennent du temps pour leurs patients. Ils prennent LE temps. Pas disponible pour l’instant, nous la verrons demain, avant ou après le rendez-vous avec le docteur B., le chirurgien qui m’a opéré et que nous devons voir aussi pour le rendez-vous post-opératoire. Nous quittons l’hôpital, main dans la main, en silence. Nous savons, mon Homme et moi, à ce moment-là, que nous devons nous préparer pour un long chemin, difficile. C’est comme une intuition, un pressentiment. Nous devons être soudés. Nous devons être forts. Il va falloir tenir. Il faudra supporter et continuer à avancer.Cette nuit-là, nous n’avons pas bien dormi. Ni lui, ni moi.Le lendemain, nous revenons chez Saint Louis pour voir Nadja et le docteur B. ou l’inverse, on verra. Le même couloir. La même salle d’attente. Les mêmes femmes, ou presque. C’est Nadja que nous verrons en premier. Le docteur a un peu de retard dans ses consultations et les infirmières, les assistantes essaient d’optimiser le temps. Toujours courir après le temps, les horaires. Parer le manque de personnel. Nous y passons effectivement 1 heure. C’est le temps d’aborder tous les effets secondaires de la première cure, de la deuxième cure. Puis les ordonnances pour les médicaments qui permettent d’éviter ou de réduire les conséquences du traitement. Contre les nausées, les diarrhées, la constipation, les aphtes, la chute des cheveux… Ah non, y a pas de médicaments contre çà. Juste un système de casque réfrigérant qui, appliqué sur le crâne pendant chaque séance, permet d’éviter la chute des cheveux. Pour que çà puisse …agir, il faut avoir les cheveux courts, très courts. « Un p’tit carré court, çà marche, non ? » Je tente. « Non. Il faut qu’ils soient très courts » me répond Nadja. La coupe à la Jean Seberg, dont j’ai toujours rêvé, çà va être pour bientôt. technique efficace dans à peu près 50% des cas. Ça vaut la peine d’essayer me dit-elle. Et moi je me dis : avec le bol que j’ai… Bon, puis après y a aussi la chute des ongles. Si, si. Donc des moufles réfrigérantes aussi. Et puis le patch Emla. Pansement anesthésiant à appliquer 2 heures avant chaque séance, pardon cure, sur la chambre du cathéter. Pour ne pas sentir la piqure d’injection. Eviter les douleurs. Le plus possible. Le plus possible…

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