Impatiente

21 03 2011

Me voilà maintenant fixée sur mon sort. La pose du cathéter mercredi 18 janvier. La 1ère séance de chimio 2 jours après et le début d’un traitement obligatoire qui va durer 6 mois. Impatiente de démarrer pour surement être le plus vite possible plus proche de la fin que du début. Un peu de curiosité aussi. Ben oui, cruche que je suis et surtout très curieuse depuis toute petite, j’ai envie de voir, de savoir comment çà se passe… Je vais pas être déçue!!! Bien sur, je dois faire une batterie d’examen avant l’intervention : prise de sang, échographie cardiaque, etc… et nous voilà déjà (que le temps passe vite) au mercredi matin 9h. Avec mon Homme, nous changeons d’endroit. Même hôpital mais pas le même couloir. Nous avons rendez-vous en hôpital de jour à 9h. Comme à notre habitude (enfin surtout moi…), nous sommes à l’heure. Nous arrivons donc dans un long couloir vide, hormis 2 dames assises sur des chaises alignées le long du mur, encore une salle d’attente probablement. Je cherche un être vivant, en blouse blanche qui pourrait nous renseigner, quelqu’un à qui dire : “Coucou, çà y est je suis là, je suis prête, c’est quand vous voulez”. Ouais, sauf que quand nous on veut c’est pas toujours quand ils veulent eux… Donc personne en vue. On s’assoit à côté des dames et commençons à patienter. Dix minutes plus tard (pas très patiente je vous ai dit), je me lève et je retourne dans le petit bureau où j’ai senti tout à l’heure qu’il se passait quelque chose, comme une activité en suspens. Là je découvre 2 femmes, l’une en blouse, l’autre pas qui ont l’air de travailler, surtout celle en blouse. Les yeux rivés sur des papiers, elle écrit, réfléchit, lève la tête pour répondre rapidement à l’autre femme. Comme d’hab, aucune des deux n’a semblé remarquer que dans le chambranle de la porte, un autre être humain était posté, attendant visiblement qu’on s’intéresse à lui. Je risque donc une petite avancée de quelques pas dans la pièce : “Heu… Bonjour, excusez-moi de vous dér… je, j’ai rendez vous à 9h en fait et je …”. “Oui ? Bonjour, quel est votre nom ?” Je vais me la graver sur le front celui-là! Elle vérifie et me dit :  ”Asseyez-vous, on vous appellera”. OK. Je sens qu’on est bien partis là… Je retourne à côté de mon homme en surveillant l’heure. J’y retourne à 9h30. L’heure c’est l’heure, merde à la fin, on avait dit 9h. Et puis on avait dit aussi que je serais sortie vers midi. Faut que je libère mon Homme, moi. Y a des gens qui bossent dans ce pays! J’essaie de me calmer. Pas facile entre l’attente et l’angoisse de cette opération sous anesthésie locale. J’ai jamais trop aimé çà les anesthésies locales. Je préfère quand je dors et que je me réveille en me disant “et hop c’est fait, j’ai rien senti!”. Bon après quelques allers et retours dans le petit bureau ou autour des chambres qui accueillent les malades de jour (qui sont malades que le jour pas la nuit, ceux-là!), je comprends qu’il y aura du retard. On finit par m’accompagner dans ma chambre de passage. Faut que je remette encore la blouse bleue, la charlotte sur la tête, nue comme un ver sous la robe de papier et morte de trouille, en vérité. Le brancardier vient me chercher. Je dis “A toute à l’heure” à mon Homme et m’en vais. Nous arrivons au bloc. La même salle d’attente que l’autre fois. Les brancards alignés les uns à côté des autres qu’on déplace régulièrement pour en garer d’autres. Un parking en fait. Cette fois-ci, je suis beaucoup plus éveillée que pour l’opération de la dernière fois. A l’affût du moindre geste, j’attends. Un jeune anesthésiste vient me poser les quelques questions réglementaires et enfin je pars vers les blocs… On me “pose” dans un sas entre le couloir et le bloc. Là, je reste longtemps. Peut-être 1 heure. Un jeune anesthésiste vient me faire une prise de sang pour un programme de recherche médicale sur la pose de cathéter. Oui, oui, parce que j’ai accepté de participer à la recherche scientifique. Autant que mon cas serve à quelque chose! Le jeune homme, très sympa me dit “Oh la la, çà fait un bail que j’en n’ai pas fait de prise de sang, moi!” Ouais, super! Encore un hématome que je vais avoir… En fait, pas du tout. Il a rien oublié et me fait çà très bien. Il repart. Re-attente… J’ai froid, je n’ai rien dans le ventre depuis la veille, j’ai soif, aussi. Et puis j’ai peur, même si j’en n’ai pas l’air… Je sens une agitation dans les blocs. Je sais que derrière le sas, dans le bloc, y a quelqu’un, une femme, qui est en train de se faire poser un cathéter. Vers la fin, je l’entends discuter avec le médecin. Çà me rassure, un petit peu. Enfin, vient mon tour. Croisement de chariot dans le sas. Elle sort, je rentre. C’est la chaîne. A peine arrivée, le chirurgien anesthésiste, une femme, enchaîne. On me jette un drap en papier vert sur la tête. On me demande d’incliner la tête au maximum vers la gauche. Le KT (Cathéter) sera posé à droite. “Je vais vous le placer sous la bretelle de soutien gorge, comme çà on ne verra rien. Vous êtes jeune encore. Pour les décolletés, ce sera mieux.” Je réfléchis. Pourquoi un décolleté ? J’ai pas bien l’intention de sortir en boîte avec la robe fourreau de folie ce soir ni même de me mettre en maillot de bain, c’est pas prévu pour l’instant! Elle me fait la piqûre d’anesthésie dans le cou. Hum… c’est top. Et puis, direct, elle commence à trifouiller… L’infirmière me pose un masque sur le nez avec de l’oxygène et du gaz hilarant… qui me donne envie de vomir ou de m’évanouir plutôt que de me marrer! Très vite, la tête me tourne. Au bout de quelques minutes qui me semblent une éternité, l’infirmière relève légèrement le bout du drap pour le caler sur un porte perfusion et me donner un peu d’air… Là, je découvre que j’ai vue sur un petit bout du bloc, en direct sur une table à outils : pinces, seringues, compresses stériles, bref tout ce qu’il faut pour te rassurer, te détendre. Et je sens que çà opère dans mon cou, ma gorge. Elle a l’air pressé. Je n’ai pas mal mais elle tire. Je sens bien le tuyau qu’elle a l’air d’avoir du mal à faire passer dans la veine. Je pense au boucher qui saucissonne un rosbeef. Et là, je sens que je pars. Je ne vais pas bien du tout. Et puis ce gaz dans les narines ne me fait pas du bien. Je le murmure. Elle sent que quelque chose ne va pas. Elle demande à l’infirmière de supprimer le gaz et de ne garder que l’oxygène. Je reviens un peu. J’ai l’impression que çà va mieux. Très vite, je repense à ce qu’elle est en train de me faire. Je tiens le coup. J’essaie de penser à des images sympas mais je n’y arrive pas. Et là, je sens que je repars. L’évanouissement est proche. Je dis “Je sens que je pars, là”. Sans affolement, elle dit “Bon, on va appeler l’infirmière”. Après quelques secondes qui me paraissent interminables, je sens une piqûre dans la main gauche. Et hop, presque instantanément, le malaise disparaît. “Et ben, çà c’est un beau malaise vagal!” dit-elle. Elle le répète plusieurs fois comme si elle était surprise.  L’intervention a duré moins d’une heure. je fonds en larmes. Je viens de passer un moment terrible. J’ai une grosse envie de l’égorger mais je fais que pleurer. Impossible de m’arrêter. Pour me rassurer, elle me dit : “Vous verrez, dans 6 mois vous reviendrez pour qu’on vous l’enlève et tout ira bien”. Ouais, sauf que là, maintenant, çà va pas du tout. Je veux qu’on me remonte dans ma chambre de passage. Je veux voir mon Homme… Le brancardier me récupère et me ramène dans ma chambre. Je pleure sur tout le trajet. Le jeune homme tente de me rassurer. Il voit bien que ça va pas. Arrivée dans ma chambre, je vois les yeux de mon Homme. Il a l’air très inquiet. Tout triste. Je sais que quand je ne vais pas bien, il ne va pas bien non plus. On est comme çà tous les deux, comme interactifs! Cette opération est une véritable boucherie. Je rentre à la maison avec un hématome énorme, avec même des griffures tout autour. Faudra bien 1 semaine pour que les traces disparaissent. Me voilà prête pour la 1ère cure de chimio, vendredi, dans 2 jours…


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