La soupe aux choux

1 04 2011

Aujourd’hui nous sommes le 1er avril mais ce que je vais vous raconter n’est pas une blague. Plutôt un horrible cauchemar que j’ai vécu et dont je me souviendrai toute ma vie! Première séance de chimiothérapie donc, vendredi 21 janvier 2011, 13h. Bien sur, avant, nous ne pouvons nous empêcher, mon Homme et moi, de nous faire le petit gueleton chez Tof. Je prends des ravioles au fromage. J’adore çà et puis je me dis qu’il ne faut pas que je mange trop lourd, trop gras. L’un des effets secondaires les plus fréquents de la chimio est la nausée. J’ai déjà avalé 3 médicaments anti-nauséeux … çà donne une idée. Bizzaremment cette fois-ci, je n’apprécie guère les ravioles. Je crois que je suis très anxieuse, en fait. Je ne bois qu’un tout petit verre de vin pour me remonter le moral. Cette fois-ci, çà marche pas non plus. Bon 12h45, faut y aller. Nous arrivons au 6ème étage. Nous nous dirigeons grâce aux panneaux d’indication tous plus sympas les uns que les autres. CANCEROLOGIE - CHIMIOTHERAPIE - RADIOTHERAPIE. On finit par arriver dans un service d’hôpital comme un autre : des portes, des couloirs, des salles de soins, des portes, des couloirs, des infirmiers, des médecins, des portes. On trouve celle de l’accueil. Un petit espace où çà grouille. Au moins 6 ou 7 personnes là dedans. L’une me regarde et devinez ce qu’elle me demande ? Mon nom, évidemment! Nous sommes dirigées vers la salle d’attente de la chimio. Et nous attendons… Il y a une autre femme qui attend déjà, avec son mari probablement. Je sais pourquoi elle est là, elle aussi… Quelques minutes plus tard, je suis installée sur un lit à côté d’un rideau de séparation dans une chambre d’hôpital. Derrière le rideau une autre femme. Le premier sentiment qui m’envahit est la douceur et la gentillesse du personnel soignant. Paradoxal alors que je m’apprête à recevoir un traitement d’une grande violence. Laurent, jeune aide-soignant, m’explique la technique du casque réfrigérant. Le fameux casque censé ralentir voire éviter la chute des cheveux (dans 50 % des cas, je vous le rappelle). Mouiller la tête, mettre cette putain de charlotte bleue et se faire placer le casque lourd, très lourd et froid, très très froid, sur la tête. Remplacement du casque toutes les demi-heures. Et ben voilà, j’ai l’air malin maintenant. L’infirmière arrive ensuite. Adorable. Elle s’appelle Edith. Je pense immédiatement à ma copine Coco. Une chouette fille. Une belle personne, qui elle aussi, a traversé un long moment difficile. Nous avons peu parlé de la maladie mais j’ai un vrai souvenir de ces moments partagés où elle me racontait son parcours, les embuches, mais toujours très rassurante, protectrice : “tu verras, çà passe vite, on guérit, çà se  soigne très bien…”. Elle m’a parlé de ces infirmières, dévouées, à l’écoute, et d’une en particulier qui s’appelait Edith, à Saint Louis, comme moi. Peut-être est-ce la même ? Je lui pose la question à Edith. Elle me dit que oui, elle a travaillé il y a quelques années dans le service des chimio pour les lymphomes. Ca doit être elle. Y en a pas tant que çà des Edith… Bien sur, elle ne se souveint pas forcément de Corinne. Elle a du en voir passe des femmes, des blessures à l’âme, des écorchées ou des résignées. Bêtement, le fait qu’elle connaisse peut être Coco me rassure. Je suis dans un moment de grande inconnue. Je ne sais rien de ce qui va se passer. De longues minutes s’écoulent pour la préparation de la perfusion. Tout est stérile. Je dois mettre un masque, elle aussi. C’est fou la chaleur qui passe entre elle et moi malgré l’aseptisation. Malgré les voiles. Une fois que tout est installé sur la table, elle enlève le pansement du cathéter. Elle clipse l’embout de la perfusion sur l’aiguille qui est restée plantée dans le cathéter depuis l’avant veille! C’est partit pour 15 minutes de perfusion pour le produit anti nauséeux… Encore un. Mon Homme, que l’on a fait sortir le temps des soins, réapparaît enfin. Bien sur en me voyant avec ce joli casque bleu électrique, il se marre… Et donc, je rigole aussi. Faut faire la photo, obligée. Je ne peux pas m’empêcher de penser à Jacques Villeret dans La soupe aux choux! Top glamour. Les 15 minutes écoulées, la machine se met à bipper. Edith revient. Elle change de poche. Le 1er produit est rouge. Donc je vais faire pipi rouge après mais c’est normal!! C’est reparti pour 45 minutes de perfusion. Mon Homme est là, près de moi. Je ferme les yeux. Puis, re bip. On change la poche. Cette fois le produit est incolore. Re 45 minutes… Mon Homme va se chercher un café. Il revient. C’est fini. Vite passé finalement. Laurent me retire le casque. Ouf, çà fait du bien. Nous enfilons nos manteaux et quittons l’hôpital Saint Louis dans le froid et le gris de janvier.

soupe-aux-choux.jpg


Actions

Informations





Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 20 articles | blog Gratuit | Abus?